Au début du mois d’août, les statistiques de juillet permettent de prendre un peu de recul sur le marché immobilier de Québec. Après une période printanière particulièrement active, les ventes et les nouvelles inscriptions diminuent, comme elles le font habituellement pendant l’été. La véritable question n’est donc pas seulement de savoir si juillet a été moins actif que juin, mais de déterminer si la tendance observée depuis janvier révèle un changement plus profond.
La réponse est nuancée. À l’échelle de la ville, le nombre de transactions réalisées depuis le début de 2026 est pratiquement identique à celui de 2025. En revanche, davantage de propriétés arrivent sur le marché, les délais de vente restent courts et les prix médians continuent de progresser.
La période et les données analysées
Cette analyse porte sur le mois de juillet 2026 ainsi que sur le cumul du 1er janvier au 31 juillet 2026. Les résultats sont comparés à juillet 2025 et à la période de janvier à juillet 2025. Les données proviennent des rapports statistiques Centris par municipalité, arrondissement et genre de propriété. Pour compléter ce portrait local, l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec publie également des analyses du marché résidentiel à l’échelle régionale et provinciale.
Les chiffres présentés ci-dessous sont des données Centris. Les explications sur leur signification pour les acheteurs, les vendeurs et les propriétaires constituent une interprétation professionnelle du marché. Les variations mensuelles sont utilisées pour observer le rythme de l’activité, mais le cumul annuel demeure la référence principale pour dégager une tendance.
Juillet 2026 : un ralentissement principalement saisonnier
En juillet 2026, la ville de Québec a enregistré 516 nouvelles inscriptions et 474 ventes. Le délai de vente moyen, tous types de propriétés confondus, s’est établi à 28 jours. En juillet 2025, on comptait 481 nouvelles inscriptions, 498 ventes et un délai moyen de 38 jours.
- Nouvelles inscriptions : +7,3 % sur un an.
- Ventes : −4,8 % sur un an.
- Délai de vente : 28 jours, comparativement à 38 jours en juillet 2025.
Par rapport à juin 2026, les nouvelles inscriptions ont diminué d’environ 26 % et les ventes d’environ 19 %. Cette baisse suit toutefois une trajectoire commencée après le sommet printanier : 707 ventes en mars, 679 en avril, 630 en mai, 582 en juin et 474 en juillet. Cette séquence correspond davantage à un ralentissement saisonnier qu’à un effondrement soudain de la demande.
Depuis janvier : plus d’offre, mais pratiquement autant de ventes
Entre janvier et juillet 2026, 5 443 nouvelles propriétés ont été inscrites à Québec, soit 14,7 % de plus que pendant la même période en 2025. Dans le même temps, 4 101 transactions ont été réalisées, contre 4 106 un an plus tôt. Le nombre de ventes est donc essentiellement stable.
Le délai moyen est passé de 33 à 23 jours. Malgré une offre plus abondante, les propriétés qui trouvent preneur se vendent donc plus rapidement qu’en 2025. Cette combinaison montre que le marché demeure actif, mais qu’il offre un peu plus de choix aux acheteurs.
Maisons unifamiliales : des ventes stables et un prix médian en hausse
Depuis janvier, 2 044 maisons unifamiliales ont été vendues, soit 1,5 % de plus qu’en 2025. Le prix médian atteint 480 000 $, comparativement à 447 000 $ l’année précédente, une progression de 7,4 %. Le délai moyen est passé de 21 à 16 jours.
En juillet seulement, 256 maisons ont été vendues. Leur prix médian était de 457 250 $. Une valeur mensuelle peut varier en fonction de la composition des propriétés vendues; elle ne doit donc pas être interprétée comme une baisse automatique de la valeur de toutes les maisons de Québec.
Copropriétés : moins de ventes, mais des prix toujours orientés à la hausse
Le marché de la copropriété présente un portrait légèrement différent. Depuis janvier, 1 519 copropriétés ont été vendues, soit 3,3 % de moins qu’en 2025. Le prix médian atteint néanmoins 335 000 $, en hausse de 7,0 %, tandis que le délai moyen recule de 36 à 25 jours.
En juillet, 156 copropriétés ont été vendues contre 183 en juillet 2025. Leur prix médian s’est établi à 329 500 $. La baisse du volume de transactions mérite d’être surveillée, mais elle ne s’est pas encore traduite par un recul généralisé des prix.
Les différences entre les secteurs de Québec
Les statistiques générales cachent des réalités locales très différentes. Voici les principales observations pour la période de janvier à juillet 2026.
Beauport
Beauport totalise 632 ventes et 851 nouvelles inscriptions. Le prix médian atteint 460 000 $ pour une maison (+10,8 %) et 315 000 $ pour une copropriété (+9,4 %). Les ventes reculent légèrement, ce qui indique que l’offre augmente plus rapidement que la demande.
Charlesbourg
Charlesbourg affiche 659 ventes, en hausse de 7,2 %. Les maisons se vendent en moyenne en 13 jours et leur prix médian atteint 471 000 $. Les copropriétés enregistrent un prix médian de 290 831 $, en progression de 11,9 %.
La Cité-Limoilou
La Cité-Limoilou compte 718 ventes. Les maisons, moins nombreuses, affichent un prix médian de 571 000 $ et un délai moyen de 11 jours. Les copropriétés, beaucoup plus présentes, ont un prix médian de 365 000 $ et prennent en moyenne 39 jours à se vendre.
La Haute-Saint-Charles
Avec 806 transactions, La Haute-Saint-Charles demeure le secteur le plus actif de cette sélection. Le prix médian des maisons atteint 450 100 $ et celui des copropriétés 318 000 $. Les deux catégories se vendent en moyenne en 14 jours.
Les Rivières
Les Rivières totalise 528 ventes, soit 8 % de plus qu’en 2025. La progression est particulièrement visible pour les copropriétés, dont les ventes augmentent de 12,2 %. Le prix médian atteint 480 000 $ pour les maisons et 349 450 $ pour les copropriétés.
Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge
Le secteur compte 758 ventes. Le prix médian des maisons s’élève à 619 000 $, le plus élevé parmi les grands arrondissements étudiés, tandis que celui des copropriétés atteint 349 700 $. Les ventes diminuent légèrement malgré la progression des prix.
L’Ancienne-Lorette, l’Île d’Orléans et Saint-Augustin
L’Ancienne-Lorette demeure un marché rapide, avec 101 transactions et un délai moyen de 10 jours pour les maisons. Les statistiques des copropriétés reposent toutefois sur seulement sept ventes. À l’Île d’Orléans, 38 transactions ont été enregistrées et aucune copropriété n’a été vendue; aucun prix médian 2026 ne peut donc être publié pour cette catégorie. Saint-Augustin-de-Desmaures totalise 118 ventes. Le prix médian des maisons atteint 658 000 $, en hausse de 19,6 %, mais cette variation doit être nuancée en raison du volume plus limité de 76 ventes unifamiliales.
Ce que cela signifie concrètement
Pour les acheteurs
L’augmentation des nouvelles inscriptions offre davantage de choix qu’en 2025. Cela ne signifie cependant pas que toutes les propriétés deviennent faciles à négocier. Dans plusieurs secteurs, les maisons bien positionnées se vendent encore en moins de trois semaines. Une préapprobation à jour et une bonne connaissance des ventes comparables restent essentielles. L’évolution du taux directeur de la Banque du Canada peut également influencer les conditions de financement et la capacité d’achat des ménages.
Pour les vendeurs
La hausse des prix demeure favorable, mais la concurrence entre propriétés augmente. Les acheteurs disposent de davantage de comparables. Une stratégie de prix trop ambitieuse peut donc allonger le délai de vente, même dans un marché actif. La préparation de la propriété et son positionnement dès la mise en marché deviennent encore plus importants.
Pour les propriétaires
Une progression médiane de 7 % à l’échelle de la ville ne signifie pas que chaque propriété a pris exactement 7 %. La valeur dépend du secteur, du type de bâtiment, de son état, de sa gamme de prix et des ventes comparables les plus récentes.
Pour les investisseurs
La hausse du prix médian des copropriétés reste positive, mais le recul du nombre de transactions invite à une analyse plus détaillée. Le rendement locatif, les frais de copropriété, le fonds de prévoyance et la santé financière de l’immeuble doivent être examinés avec autant d’attention que l’évolution générale des prix.
Les points à retenir
- Le ralentissement de juillet est principalement saisonnier.
- Les ventes de janvier à juillet sont pratiquement identiques à celles de 2025.
- Les nouvelles inscriptions progressent de 14,7 %, ce qui améliore le choix offert aux acheteurs.
- Les prix médians augmentent de 7,4 % pour les maisons et de 7,0 % pour les copropriétés.
- La réalité varie fortement d’un secteur et d’un type de propriété à l’autre.
Pour comprendre ce que ces chiffres signifient pour une propriété précise, il faut les replacer dans leur contexte local : secteur, état du bâtiment, superficie, gamme de prix et ventes comparables. Une analyse personnalisée demeure la meilleure façon de prendre une décision éclairée.
